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We want Europe !

We want Europe !

Pour réenchanter le rêve européen


We want Europe ! Version française

Publié par Stéphane Faure sur 28 Avril 2014, 16:06pm

Peu de choses dans mon parcours me destinaient à aimer l’idée d’Europe. Né seulement trois mois après la chute du Mur de Berlin, j’ai grandi dans un monde où les Etats-Unis d’Amérique étaient sortis seuls vainqueurs de la guerre froide. Le communisme était défait, le capitalisme (ultra) libéral et débridé pouvait s’étendre sur le monde sans qu’aucun système de pensée ne puisse véritablement s’y opposer. Mon père, militant anarcho-syndicaliste, a toujours tenu l’Europe en horreur, la voyant comme un monstre de technocratie et d’ultra-libéralisme, aux mains des grands capitalistes et des lobbies. Il n’a pas tout à fait tort. Puis mon éducation historique, guidée par un professeur à la vision pessimiste et cynique des choses et des hommes, m’a détourné du rêve d’une grande démocratie européenne. Le contexte politique national aussi, où l’idée d’Europe est, au mieux absente, au pire vilipendée par des détracteurs cyniques et rétrogrades, depuis l’échec du Traité Constitutionnel Européen en 2005, comme on a pu le constater lors des campagnes présidentielles de 2007 et 2012.

Et puis vint ce divin jour d’octobre 2012, où la nouvelle tomba et eut l’effet d’une révélation dans mon esprit et dans mon cœur : le Prix Nobel de la Paix venait d’être décerné à l’Union Européenne pour avoir "contribué pendant plus de six décennies à promouvoir la paix et la réconciliation, la démocratie et les droits de l'homme en Europe". Cette Union tant décriée, mise à genoux par les marchés financiers et la crise des dettes souveraines depuis 2009, était récompensée pour son œuvre hors du commun. Après avoir connu l’Apocalypse lors des deux conflits mondiaux qui ravagèrent leurs terres, leurs peuples, et leurs valeurs pendant la première moitié du XXème siècle, les Européens décidaient de se lever, de s’élever, pour bâtir un monde meilleur et une Europe en paix. La Paix. Bien inestimable s’il en est, et que contrairement à nos grands-parents qui endurèrent l’Enfer de la guerre, de l’occupation, de la destruction, et de l’extermination, nous ne savons plus chérir.

La chute du Mur de Berlin a été vécue comme une sorte de « fin de l’Histoire » pour reprendre l’expression de l’historien américain Francis Fukuyama. Avec le processus d’intégration de nos frères et sœurs d’Europe de l’Est et la mise en place d’une monnaie unique, l’euro, nous avons eu la coupable conviction que l’avenir de l’Europe était assuré, et que nul effort, nulle remise en question n’était à fournir. Le souci, c’est que l’Europe c’est comme l’amour, ça se construit dans la durée, ça se travaille au quotidien, sinon, la flamme se meurt et s’éteint. J’ai eu la chance d’avoir pu apprécier les immenses avantages que la vie en Europe nous procure grâce à mes voyages sur les autres continents. Certes, l’Europe connaît la crise, l’austérité et la pauvreté, et cela doit être combattu de toutes nos forces, mais nous vivons sur le continent le plus stable, le plus sûr, le plus plaisant, le plus libre, et le plus égalitaire de la planète. Nos écoles, nos hôpitaux, nos jardins publics, nos parcs nationaux sont gratuits. Nos arts sont préservés dans des musées et notre culture dans des bibliothèques dont l’accès est libre et quasi-gratuit. La presse, la parole, et la pensée sont libres. Conjointement à l'impulsion donnée par l'Etat, le niveau de vie des Français a été multiplié par trois depuis 1950 grâce à la construction européenne. Par trois ! Nous pouvons voyager dans l’immense majorité des pays du monde sans restriction. Combien de peuples, combien d’êtres humains peuvent en dire autant ?

Un constat s’impose à nous. La situation actuelle de l’Europe est critique. « L’Europe est en panne » pense la plupart des Européens. Et ils ont tout à fait raison. L’Europe est en panne, faute d’avoir su se donner les moyens de passer à l’étape supérieure de l’intégration. L’Europe est en panne, faute d’avoir renforcé sa légitimité démocratique, condition sine qua non à l’adhésion des citoyens au projet d’Union Européenne. C’est d’ailleurs tout le contraire qui a été fait depuis ce grand rendez-vous manqué de 2005 et l'échec du Traité Constitutionnel Européen, qui, bien qu'imparfait, engageait un véritable processus d'intégration politique. C'est à la lecture du magnifique livre de Guillaume Klossa, Une jeunesse européenne, que je compris à quel point nous n’avions pas su saisir cette chance de nous unir au sein d’une entité politique fédérale. Avec le troisième millénaire naissant, l’Europe était érigée en modèle pour le monde entier. De l’Amérique à l’Asie en passant par l’Afrique et l’Océanie, l’Humanité nous regardait avec espoir et admiration car nous étions en passe de réaliser le « rêve européen ». Ce rêve qui allait placer l’Europe à la première place de la compétition planétaire et la verrait diffuser ses valeurs humanistes au reste du monde. L’Europe devait être la puissance rayonnante du XXIème siècle. Et il n’en fut rien.

Notre système est désormais exsangue. Le chômage ravage nos économies, les politiques d’austérité conduisent à des désastres sociaux qui laissent des dizaines de millions d’Européens au bord du chemin. La crise de l’euro le prouve quotidiennement. Nous avons bien voulu des avantages qu’offrait la monnaie unique sans en accepter les contreparties, à savoir un transfert de souveraineté au niveau supra-étatique. Une monnaie unique avec 18 dettes publiques différentes sur lesquelles les marchés peuvent librement spéculer, et 18 systèmes fiscaux et sociaux en concurrence débridée les uns avec les autres, cela ne marche pas, et cela ne marchera jamais ! Les pays de la zone euro ont fait le choix de partager leur souveraineté monétaire, et donc de renoncer à l'arme de la dévaluation unilatérale, sans pour autant se doter de nouveaux instruments économiques, sociaux, fiscaux et budgétaires communs. Cet entre-deux, confirmé à chaque « sommet de la dernière chance » est la pire des situations. Au niveau politique, le système confédéral actuel assure la toute-puissance décisionnaire du Conseil européen, qui impose ses vues sans aucun contrôle démocratique de la part des citoyens. Le rôle du Parlement, censé être renforcé par le Traité de Lisbonne de 2007, a été réduit au minimum durant la gestion de la crise opérée par le couple Merkozy. Au final, c’est la chancelière allemande qui imposa ses principes d’orthodoxie budgétaire sans qu’aucun citoyen de l’Union n’ait été consulté, nous enfermant ainsi dans le carcan de la rigueur, des privations, et de la rancœur. La Commission européenne, quant à elle, est si pléthorique (28 commissaires, un pour chaque pays membre) et si affaiblie – à cause de l’omnipotence du Conseil européen - qu’elle peine à jouer son rôle d’initiative législative. Oui l’Europe est en panne, mais nous, citoyens européens, sommes en partie responsables de cette situation, car nous acceptons cet état de fait. C’est ce que l’eurodéputée française Sylvie Goulard nomme la « servitude volontaire » face à la tyrannie des institutions européennes. Heureusement, rien n’est irréversible. L’Histoire nous le prouve quotidiennement. Personne n’avait envisagé la chute de l’Union soviétique et la défaite du communisme, personne n’avait prévu les Printemps arabes et les révolutions qui s’en sont suivies. Il ne tient qu’à nous, hommes et femmes de l’Europe, nous Français, Italiens, Belges, Lettons, Polonais, Anglais, Grecs, Croates, Allemands, nous Européens, de changer le cours des choses lors des prochaines élections européennes qui auront lieu du 22 au 25 mai 2014 en envoyant un message d’une puissance inouïe et en votant pour de vrais fédéralistes !

La terrible crise que nous endurons depuis maintenant six longues années et ses désastreuses conséquences (chômage, paupérisation, délitement du lien social…) devrait avoir la vertu de nous ouvrir les yeux sur le fait que L’ETAT-NATION A FAIT LONG FEU ! Ce modèle, bien que rassurant, n’est plus adapté au monde dans lequel nous vivons, un monde où seuls les Etats-continents, les véritables mastodontes comme les Etats-Unis d’Amérique, la Chine, la Russie, l’Inde, le Brésil, sont amenés à compter et à décider. Notre prétendue « souveraineté nationale » n’est plus qu’une vaine illusion. C’est déjà le cas aujourd’hui, et ce phénomène ne sera amené qu’à se renforcer. Dans l’état actuel des choses, en 2025, plus aucun pays européen ne sera membre du G8 ! 2025, c’est dans 10 ans. 2025, c’est demain. Si nous ne faisons rien pour nous unir, nous ne vaudrons plus rien, c’est inéluctable, n’en déplaise à Marine Le Pen et son discours nationaliste de repli sur soi. J’en conviens que tout cela est très difficile à admettre pour un Français, bercé depuis sa tendre enfance par les mythes de l’exceptionnalité de la Révolution française, de la Grande Nation, du sauveur Napoléonien, « d’une certaine idée de la France » chère au Général de Gaulle… Mais le monde a changé, il s’est véritablement transformé même depuis la révolution des nouvelles technologies de l’information et de la communication dans les années 1980, et le développement d’Internet. Le monopole acquis par l’Occident pendant de longs siècles grâce à son contrôle des savoirs – son avantage compétitif en quelque sorte - n’est plus. Nous devons l’accepter. Deux cents ans avant la Révolution française, la Bourgogne, la Franche-Comté, le Languedoc constituaient encore des « pays » où seuls les patois étaient parlés et intégraient progressivement le royaume de France. Deux cents ans après la Révolution française, qui marqua l’avènement de l’Etat-nation dans notre pays, il est temps de regarder au-delà de l’Alsace et de la Lorraine, des Alpes et des Pyrénées. Nous devons nous penser dans un cycle long. Alors que les marchés sont totalement mondialisés, nous avons conservé les mêmes structures politiques qu’aux XIXème et XXème siècles. La finance et les grandes firmes multinationales se moquent royalement des règles établies par des Etats, souverains sur le papier, mais en réalité à la merci de leurs moindres désidératas. La question qui se pose dorénavant, c’est, pour paraphraser l’écrivain espagnol Javier Cercas, "de savoir si nos enfants vivront comme des Européens ou travailleront comme des Chinois". Ne nous leurrons pas. C’est bien ce qui est en jeu à l’heure actuelle. Il est temps de l’accepter et de sortir du déni. Nous devons cesser les postures patriotiques qui, loin de servir l’intérêt national, servent surtout les petits intérêts particuliers de ceux qui s’en font les apôtres. Le dessein des leaders politiques doit être de devancer les opinions, pas de les suivre et de raviver leurs peurs.

La plupart des citoyens européens se sentent désemparés par les changements survenus depuis les années 1980. Nos modes de vie et nos cadres de pensée ont été largement modifiés, provoquant une perte de repères à tous les niveaux. L’échec des deux grandes idéologies qui ont façonné le XXème siècle, le communisme avec la chute du Mur de Berlin en 1989 d’une part, le capitalisme débridé et dérégulé avec la terrible crise financière qui sévit depuis 2007 d’autre part, nous laisse dans un vide idéologique paralysant. Nos décideurs politiques, faute d’avoir su donner une forme et une substance au rêve européen, ne nous proposent aucune vision satisfaisante de l’avenir. Pourquoi ? Parce qu’ils n’en n’ont tout simplement pas ! Qu’ils soient de gauche ou de droite, d’extrême-gauche ou d’extrême-droite, ils restent prisonniers de visions et de systèmes de pensée passéistes et révolus. Nous avons besoin d’un nouveau but, d’une nouvelle raison de vivre et d’avancer ensemble, bref, d’un nouvel idéal. Cet idéal est à portée de main, c’est celui de Victor Hugo, de Stefan Zweig, de Jean Monnet, de Winston Churchill. Ce n'est pas un gros mot, c'est un beau mot. Ce sont les Etats-Unis d'Europe.

Le monde est en train de changer, et nous entrons dans une nouvelle ère. Regardez autour de vous : partout, les choses évoluent à une vitesse fulgurante. Jamais la planète n’a été autant connectée, jamais il n’a été aussi facile d’échanger, de voyager, d’apprendre. Nous sommes en train de vivre une révolution d’une intensité incroyable, comparable à ce que fut la Renaissance en son temps, et nous nous devons d’être au rendez-vous de l’Histoire. Pour continuer à avancer sur ce beau et grand chemin tracé par nos ancêtres, des philosophes de l’Antiquité à ceux des Lumières. A l’aube de ce nouveau millénaire, le troisième, il nous faut désormais changer d’époque et changer de paradigme. Signe annonciateur des temps nouveaux qui s’ouvrent à nous, le Pape François a enjoint les catholiques du monde entier à « ne pas remplir les murs mais à les faire tomber ». Ce mot d’ordre doit s’appliquer à nous tous, catholiques, musulmans, juifs, athées, Français, Néerlandais, Danois, Irlandais… C’est un message d’espoir. C’est un message d’avenir, qui nous engage à aller vers l’Autre et à l’accepter dans sa différence, et non pas à le regarder avec condescendance et chauvinisme. Nous devons nous ré-gé-né-rer, par la raison et l’intelligence, pour créer un meilleur futur et une plus belle Europe. Et nous unir, car c’est le seul et unique moyen de préserver nos modes de vie et notre position privilégiée dans l’ordre économique mondial. Le seul moyen également de regagner au niveau fédéral cette souveraineté perdue au niveau national. Il est donc temps de réfléchir et de prendre du recul pour évaluer les bénéfices concrets d’une réelle union politique, sociale, fiscale, et budgétaire, face aux déboires annoncés du statu quo actuel, ou pire encore, d’un repli sur nous-même. La France peut et doit être au centre de ce rêve européen régénéré, tel un défi aux replis identitaires qui s’opèrent depuis quelques années, favorisés par le désespoir généré par la crise, la colère vis-à-vis des politiques, et la perte de nos repères face à une mondialisation désordonnée. Imaginer une « France en grand » ne peut être source que de désillusions et de rancœur. Nous devons contribuer, de concert avec les autres peuples, avec nos valeurs, nos idées, et notre culture à l’édification d’une République fédérale européenne, car pour la France, l’ambition de civiliser la mondialisation passe par l’Europe.

Novo ordo seclorum : Un nouvel ordre pour les siècles. C’est la devise inscrite sur le revers du Grand Sceau des Etats-Unis d’Amérique. Pourquoi ne pas s’en inspirer ? Le modèle fédéral américain comporte nombre de vertus qui seraient utiles à l’Europe. Il ne convient pas de tout importer en bloc, mais d’adapter ce système à nos traditions, à nos cultures, et à nos systèmes politiques. Nous avons la possibilité de créer une superpuissance conciliant unité et diversité ; une démocratie continentale où la Liberté – ferment de la conscience européenne - la dignité humaine, le respect de la diversité, et le combat pour un développement durable seraient érigés en valeurs fondamentales. Une superpuissance qui renouerait avec une croissance durable et offrirait la prospérité en récompense. Unis, nous avons vocation à rayonner à l’échelle du globe. Unis, nous redeviendrons puissants, les plus puissants même, et nous serons en mesure de diffuser nos valeurs, nos principes, et nos normes (sociales, commerciales, environnementales, sanitaires, éthiques) partout dans le monde. La Tolérance, la Liberté, l’Egalité, la Solidarité, la Laïcité, le respect des Droits fondamentaux de l’Homme et de la Femme constituent notre héritage commun, transcendent nos clivages politiques, et résonnent en chacun de nous.

Si nous voulons que l’Europe, dans ce nouveau monde en construction, soit forte, il faut lui en donner les moyens, contrairement à ce que nous faisons depuis 20 ans. Avant toute chose, il s’agit de la démocratiser, afin de l’asseoir sur des bases saines et partagées par le plus grand nombre. Cela passe par une refonte en profondeur du rôle des institutions européennes au lendemain des prochaines élections au Parlement européen, par le biais d’une Convention européenne chargée d’écrire une Constitution (ou un « Pacte fédératif ») simple, courte, et équilibrée qui fixera les rapports entre les trois pouvoirs : législatif, exécutif, judicaire, ainsi qu’entre l’Etat fédéral et les Etats fédérés. N’ayons pas peur de parler d’Europe à plusieurs vitesses : pourquoi ne pas imaginer une République Fédérale Européenne resserrée autour de la zone euro, les autres pays se joignant à nous progressivement et en fonction des spécificités de chacun d’entre eux. Nous devrons tout mettre sur la table pour nous projeter dans le futur et non nous lier dans le passé.


Ce manifeste n’a ni la volonté, ni la prétention de proposer un modèle parfait. Cependant, je suis convaincu que les pouvoirs du Parlement européen, la chambre basse législative, doivent être considérablement renforcés, car c’est le cœur même de la démocratie européenne qui bat en son sein. Le pouvoir législatif devrait être partagé sur un pied d’égalité avec le Conseil européen, cette chambre haute qui garantit une représentation égale des Etats, et dont les décisions devraient être prises à la majorité (et non à l’unanimité comme aujourd’hui). Elire, au suffrage universel direct, un Président des Etats-Unis d’Europe, détenteur avec son gouvernement (l’actuelle Commission européenne) du pouvoir exécutif et pouvant proposer des lois, renforcerait considérablement notre poids dans le monde et permettrait à l’Europe, aux Européens, et à leurs intérêts d’être défendus aux quatre coins du globe. Enfin, la Cour de Justice de l’Union européenne doit devenir une véritable « Cour Suprême » vérifiant la constitutionalité des lois votées par le Parlement, et arbitrant de manière impartiale les différends entre les Etats fédérés et l’Etat fédéral. L’Etat fédéral disposera de compétences bien définies telles que la politique étrangère, la défense et la sécurité, la politique monétaire, la régulation du commerce entre Etats fédérés. Les Etats fédérés conserveront de larges prérogatives, tels que l’éducation, la régulation du commerce, la justice, la police… La fiscalité, quant à elle, devra être répartie entre l’Etat fédéral et les Etats ; l’impôt fédéral servant à financer le budget fédéral, véritable bras armé de la future République permettant de mettre en place de solides programmes fédéraux de lutte contre le chômage, de formation professionnelle, d’éducation, de ré-industrialisation, de transition énergétique, de défense commune. C’est le plan de relance le moins couteux et le plus efficace qu’il nous est permis d’envisager ! Tous ces programmes devront être estampillé « Europe » pour aider à la construction du sentiment européen et montrer que l’Europe est vivante et agit pour le bien-être de ses citoyens.

Trop souvent, l'Europe actuelle se montre stupidement intrusive sur des sujets secondaires, et pathétiquement impuissante sur les sujets importants. Il faut renverser l'ordre des priorités : moins d'Europe sur les sujets sur lesquels les pays membres se débrouillent bien tout seuls ; plus d'Europe quand l'union est indispensable. Ces compétences devront être clairement stipulées dans la Constitution. Le but est de faire coexister l’exigence nationale européenne aux exigences des Etats. Pour schématiser, il nous faudrait un exécutif « à la française », capable de décider rapidement et de défendre l’Europe et ses intérêts sur la scène internationale (songeons à la situation en Ukraine et à l’absence de réponse européenne commune qui a donné toute latitude à Vladimir Poutine pour agir comme bon lui semblait en Crimée), contrôlé par un système parlementaire « à l’allemande » doté de nombreux contre-pouvoirs afin de faire primer la volonté des citoyens. Le fédéralisme n’est ni un carcan ni une menace, mais l’outil qui se révèle le plus adapté au gouvernement d’ensembles humains complexes. L’Europe doit aussi devenir beaucoup plus présente dans les grands médias, afin d’aider à la formation de ce sentiment européen, qui passe également par la démocratisation et une visibilité renforcée des grands partis politiques européens, aujourd’hui pratiquement inexistants aux yeux des citoyens. Enfin, la société civile, les artistes, les grandes figures de nos sociétés doivent se lever, participer, et mener cette marche vers le progrès.

Ma génération et la précédente formons la « génération Erasmus », ce magnifique programme d’échange universitaire qui nous a permis de partir vivre et étudier dans un autre pays de l’Union afin de découvrir d’autres manières de penser, d’apprendre une nouvelle langue, de développer notre compréhension des autres, de nous oxygéner et de nous épanouir autant personnellement que professionnellement. J’ai eu la chance de vivre cette expérience, mais malheureusement, trop de jeunes en restent exclus. Tout comme ils restent, à l’instar de leurs parents, à la marge de la mondialisation et de ses nombreuses possibilités. Je pense aux jeunes des quartiers, aux jeunes des campagnes, qui ne trouvent pas leur place dans cette société et ce monde nouveaux, faute de perspectives tangibles et de rêve commun. Tous les jeunes Européens devraient avoir les mêmes chances de réussir et bénéficier des mêmes programmes et des mêmes opportunités. Ce que la France n’a pas pu et ne pourra plus leur offrir, les Etats-Unis d’Europe le peuvent ! Chaque nation a une âme. L’âme de l’Europe depuis sa construction, c’est l’intégration ! L’Europe doit œuvrer, pour sa jeunesse, pour ses citoyens, à toujours plus d’intégration : intégration à la mondialisation, intégration sociale, intégration économique, intégration politique, intégration territoriale, intégration linguistique. Nous avons la chance de parler et de comprendre au moins une langue étrangère, l’anglais. Grâce à cela, nous pouvons communiquer avec l’ensemble des peuples de la planète. Développons cela, intensifions notre apprentissage des langues étrangères. C’est notre Sésame pour réussir dans ce monde globalisé.

Citoyens de la Jeunesse, citoyens français, il est temps de faire l’Europe et de reprendre le contrôle de nos vies et de notre destin. Les prochaines élections européennes sont l’occasion d’entamer la régénération de notre société au sein d’une nouvelle patrie. Nous devons imaginer notre avenir dans 5, 10, 20, 50 ans, et ne pas avoir peur de penser le monde de demain. Cette Europe nouvelle que ma génération et d’autres appellent de leurs vœux, une Europe plus juste, plus libre, plus sociale, plus protectrice, plus fraternelle, plus égalitaire, plus prospère, n’aura une chance de voir le jour que si, lors du scrutin de Mai, nous envoyons un message clair à notre classe politique, à nos concitoyens européens, aux marchés financiers, et aux dictateurs qui bafouent les Droits de l’Homme partout dans le monde :

WE WANT EUROPE ! NOW !

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